Histoire du temple protestant de Pont-Tranchefetu

Le temple protestant de Pont-Tranchefetu

Une épine dans le pied d’EPU Chartres !

 

Mais pourquoi donc les protestants de Chartres, en 1604, sont-ils allés construire leur premier temple à Pont-Tranchefêtu ?

Après l’Édit de Nantes (1598), les protestants de Chartres n’avaient pas le droit de bâtir un
lieu de culte dans l’enceinte d’une ville avec cathédrale. Ils ont obtenu l’autorisation d’édifier
un premier temple à Pont-Tranchefétu, sur la commune de Fontenay sur Eure, à 9 km de
Chartres.

Il s’agissait d’une construction simple, une sorte de « maison-temple »; entourée d’un
cimetière. Ce premier édifice a été démoli le 26 octobre 1685, seulement quatre jours
après la signature de la révocation de l’Édit de Nantes (Édit de Fontainebleau) par Louis XIV.

A la suite du concordat de 1801 entre Napoléon et le Pape, le protestantisme est reconnu
comme religion d’état. Un nouveau temple a pu être réédifié bien plus tard, en 1861, à
l’entrée du village de Pont-Tranchefêtu sur un terrain offert par Vincent CAILLEAUX. Le
terrain comporte également un cimetière pour les familles protestante, pratique encore
autorisée à l’époque. Les dernières tombes entretenues montrent une sépulture datant de
1971.

Dans les années 70-90 l’édifice est encore fonctionnel. Le dernier culte y ayant probablement
été célébré par la pasteure Paulette Stiegelman.

La tempête du 31 mai 1992 abat le clocher du temple, détruisant en partie la toiture. C’est le
début d’une lente dégradation qui finit par rendre l’accès dangereux. La presse locale s’en
émeut. « Mais que font les protestants de Chartres ? » La trésorière de l’époque répondra au
journaliste : « Nous on s’occupe des vivants, pas des pierres ! »

Décision est prise par le Conseil Presbytéral de « déconstruire » le temple. Le conseiller
général de l’époque, Martial Taugourdeau, suggère d’en faire un lieu de mémoire du
protestantisme en Eure et Loir, en particulier des 14 temples qui y ont existé. Le projet
d’aménagement déposé à la DRAC a perdu son intérêt à la suite du décès accidentel de M.
Taugourdeau.

Cécile Lafon prend la tête d’une petite équipe qui va procéder à la une déconstruction
méthodique de l’ouvrage. Le choix est fait de conserver l’encadrement de la porte d’entrée,
la rosace en pierre et la petite croix en pierre marquée 1860. Les belles pierres et la rosace
sont confiées à la commune de Fontenay sur Eure. (Une Eglise de Houston au Texas était
intéressée par la rosace, sans suite). La croix en pierre est à l’entrée…. des toilettes du
temple de Chartres !

Aujourd’hui, la question du devenir de Pont-Tranchefetu a cessé de se poser à chaque
assemblée générale. Le terrain pourrait être cédé ou vendu, mais le statut de cimetière rend
cette opération très complexe !

Les photos montrent que la nature à repris ses droits avec l’encadrement du portail
recouvert de lierre.

Un jour, ceux qui viendront après nous devront régler ce dossier. Il était nécessaire d’en
faire le point par celles et ceux qui ont été confrontés à cette question.

Article mis en forme par Marc Pelcé, à partir d’infos issues de Jean Baguelin, Christian
Mercier, Emilie Lebailly, Cécile Ruaut-Lafon, Annick Lifran ….

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